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Le Salon du Collectionneur reste fidèle à sa vocation pédagogique et culturelle et propose à ses visiteurs des conférences quotidiennes, selon un éventail éclectique de sujets.
 
Jean-Gabriel Peyre, membre de la commission culturelle a réuni une fois encore les meilleurs spécialistes pour « faire découvrir, dans une variété de domaines de l’art, ce que l’on ne connaît pas encore et approfondir ce que l’on sait déjà ».

Du 11 au 20 septembre

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Vendredi 11 - 15h30

Antoinette Hallé, Conservateur général du patrimoine et Directrice du Musée National de Sèvres
Un tournant dans l'histoire de la céramique française : 1980

Après la seconde guerre mondiale, l'évolution de la mode reprit son cours. On aimait alors les couleurs vives, les formes lourdes et dissymétriques. La plupart des céramistes faisait de la faïence, qui se prêtait bien à la rusticité alors à la mode. Pourtant, ils piaffaient d'impatience : le mythe de la céramique cuite à haute température était né, tous voulaient faire du grès pour imiter les céramiques chinoises. Ils en avaient découvert la beauté en apprenant l'existence du livre de Bernard Leach, publié en anglais en 1940 (autant dire que pratiquement aucun ne l'avait lu. Sa traduction française n'a été publiée qu'en 1973), qui était censé expliquer comment s'inspirer de ces grès que l'on ne pouvait pas voir en France : il n'y en avait pas (la donation Calmann au musée Guimet ne date que du début des années 1970). Tous acquirent donc, entre 1965-1970 des fours à grès, et les couleurs brunes remplacèrent les rouges vifs, les jaunes éclatant, les verts émeraude qui avaient caractérisé la période précédente. Imitant des céramiques qu'ils ne connaissaient guère, leur créativité n'était pas contrainte par le génie de leurs modèles !

En 1982, à Aix-en-Provence, un Américain leur fit une démonstration de "raku", à savoir d'une cuisson à très basse température interrompue par l'ouverture du four très brutalement. A la même époque, la mode tourna brusquement et, pour gagner leur vie, presque tous durent abandonner leurs imitations de grès chinois ou japonais. Or, à force de faire ces imitations, ils avaient appris toutes les subtilisés de la technique de la céramique, et tous purent s'adonner aux joies de la création, d'une création parfaitement féconde puisque parfaitement maîtrisée. Ainsi apparut une génération de céramistes dont les qualités novatrices sont inouïes.

Second rendez-vous 17h30

Carole Blumenfeld, commissaire de l'exposition éponyme du Musée Cognacq-Jay, du 9 septembre au 6 décembre
Dans l'atelier de Fragonard - Marguerite Gérard, artiste en 1789

Marguerite Gérard (1761 - 1837) était la belle-soeur du peintre Jean-Honoré Fragonard (1732 - 1806). Installée à Paris depuis le milieu des années 1770, dans l'appartement même de Fragonard au Louvre, elle devient l'élève, puis l'assistante et la collaboratrice du maître.

 

 

Samedi 12 -  15h30

Leïla Lebeurrier-Ahi, Experte
De l'Orient vers l'Occident: Inspirations et influences des motifs textiles
 

"Le textile est par excellence destiné au voyage et à l'échange.
Dès l'Antiquité, par le commerce, la voie diplomatique ou les conquêtes militaires, l'Occident découvre les objets orientaux.
Parmi ces pièces importées, de nombreux velours ou soieries vont inspirer l'imaginaire des tisserands occidentaux.
L'engouement en Europe pour la préciosité des matériaux et l'attrait pour un certain exotisme des motifs décoratifs indiens, perses ou ottomans, créent de véritables phénomènes de mode et une demande soutenue pour ces biens de consommation, souvent prestigieux.
Après avoir exposé les contextes particuliers, propices à la propagation des dessins textiles d'Orient, c'est la fidelité de l'adaptation des motifs par l'Occident qui sera evoqué.
Libérés de la copie, certains ateliers des états d'Europe de l'Ouest s'inspirent seulement de l'agencement des motifs, ou n'employent que quelques détails orientaux, créant ainsi des modèles textiles originaux."



 

 


Dimanche 13 - 15h30

Jane Roberts, Marchand et Experte
Jacques-Emile Blanche 1861-1942, témoin de la Belle Epoque
 
Le nom de Jacques Emile Blanche (1861-1942), peintre, écrivain et personnage incontournable de la « Belle Epoque » et de l’entre-deux guerres à Paris et à Londres, est bien connu du grand public mais son œuvre très variée l’est beaucoup moins. Petit fils et fils des célèbres « aliénistes », les docteurs Blanche, il eut une enfance dorée mais solitaire  entre  Auteuil et Dieppe. On l’envoya ensuite seul  avec sa nourrice à Londres en 1870 pour échapper aux bombes et il se considéra dés lors comme « le trait d’union entre les deux pays ».Ami de tous les artistes et notables de son époque, il fut évidemment un portraitiste de grand talent, mais il réalisa également des centaines de paysages , de natures mortes et de scènes de genre. Cet exposé vous aidera à mieux le connaître.




Lundi 14 - 15h30

Hélène Bonafous-Murat, Experte
L’Estampe : techniques & enquêtes

 
Eugène Delâtre.
Portrait d’Auguste Delâtre.
1894. Eau-forte et aquatinte.
 

A l’ère de la photographie et de la diffusion numérique, quel est le devenir de l’estampe, technique ancestrale de production de l’image ? En retournant aux sources historiques, à travers un parcours illustré d’exemples choisis parmi les grands et petits maîtres du XVIe siècle à nos jours, nous explorerons les différents modes de gravure (bois gravé, eau-forte, pointe sèche, burin, manière noire…), sans oublier la lithographie apparue à la toute fin du XVIIIe s.

Ce faisant, nous évoquerons la notion d’« état » - état de conservation, lié à l’usure des feuilles imprimées qui sont parvenues jusqu’à nous, mais surtout état d’avancement du travail de l’artiste ou de l’artisan sur la matrice originale. Seront abordées également les notions de retirage, de copie et de fac-similé. De Dürer à Manet, en passant par Daumier, nous exposerons ainsi les éléments techniques fondamentaux qui permettent de déterminer la rareté et la valeur d’une estampe.





Mardi 15
- 15h30

Frédéric Castaing, Libraire et Expert en autographes
Du temps perdu au temps retrouvé

 

Sentez sous les doigts ce léger relief laissé par l’encre… Baudelaire… François Ier… ils ont aussi touché ces papiers… Darwin… Sade… cette écriture c’est la leur… Proust … Robespierre… Racine… ces caractères, ces repentirs, ces ratures, sont autant de signes qu’ils nous adressent à travers les siècles…

Joyce.. . Kafka… la chaleur de la vie est encore présente sur ces minces pellicules de papier… Breton… Flaubert… Henri IV… l’autographe c’est la magie du temps retrouvé… Proust est la Madeleine… ils sont là fidèle au rendez-vous… Monet à Giverny… et nous, hors tu temps, passionnés par le temps…

Les autographes, une extraordinaire machine à remonter le temps et une réserve infinie l’émotions.


Second rendez-vous à 18h00

Bertrand Lorquin
Hommage à Dina Vierny

Dina Vierny a été une personnalité marquante du monde de l'art. D’abord en participant au processus de la création dans l'œuvre d'Aristide Maillol et de ses amis tels que Pierre Bonnard, Raoul Duffy, puis en tant que directrice d'une galerie d'art moderne avant de créer la fondation qui devait abriter les collections d'art moderne qu'elle a réuni durant sa vie.

A la fois muse, inspiratrice, découvreuse de talents, présidente d'une fondation, Dina Vierny a imprimé par son action le paysage de l'art moderne.

 




 

Mercredi 16 - 15h30

François Lorenceau, Marchand et Expert en peinture du XIXè et XXè siècle
Expertise et authentification : peinture impressionniste



Qui n'a pas été étonné d'entendre qu'une œuvre par un grand Maître a récemment été découverte dans une soupente ou derrière un piano ? 

Qui n'a jamais entendu parler de querelle d'expert ? 

Qui sont-ils ? 

Comment le deviennent-ils ? 

Qui sont les faussaires ? 

Comment les déceler ?

Quelle valeur donner aux analyses scientifiques ?


Jeudi 17 - 15h30

Claude d'Anthenaise, Conservateur en chef au Musée de la Chasse et de la Nature
La chasse dans les tapisseries

En tant qu’art mural, la tapisserie contribue traditionnellement au décor des châteaux et des lieux de pouvoir. Rien d’étonnant à ce que la chasse fournisse d’innombrables motifs aux auteurs de carton de tapisserie, si l’on considère ce loisir comme l’ « apprentissage de la guerre » pour reprendre l’expression de Xénophon, comme un « plaisir de grand seigneur » selon les mots de Balthasar Castiglione, ou plus simplement comme une façon d’expérimenter la nature. Depuis le Moyen-âge jusqu’à nos jours, les lissiers n’ont cessé de reproduire des compositions où l’homme s’applique à la capture du gibier. Ces innombrables tapisseries permettent de suivre l’évolution des techniques de chasse : du piégeage à la chasse aux toiles, certaines pratiques extrêmement populaires à certaines époques ont pu tomber en désuétude au point que, en l’absence de connaissances cynégétiques, il est difficile de décrypter la scène représentée. Le recours aux traités de chasse anciens permet souvent d’expliciter une iconographie obscure. Par ailleurs, le thème cynégétique concernant la plupart des centres de production de tapisseries, suivre les traces de la chasse permet de balayer l’histoire de la tapisserie, depuis les ateliers médiévaux jusqu’aux créations que la manufacture des Gobelins destine aux palais de la République.

Claude d’Anthenaise


Second rendez-vous à 18h00

Eric Mickeler, Expert - Conférence suivie d'une visite guidée
Trésors d'histoire naturelle dans les collections

Une découverte du monde raffiné des cabinets de curiosité des princes et des puissants depuis le 16ème siècle jusqu'à nos jours : leurs contenus, leur organisation interne, leurs célèbres propriétaires, la place importante des fossiles dans ces collections rapportées à l'Art mais aussi ce qu'il faut acquérir aujourd'hui dans une perspective de placement, tout en collectionnant ludiquement.

 
Vendredi 18 - 15h30

Jean-Gabriel Peyre, Marchand et Expert en céramiques anciennes
Une Collection "éclatée" de 150 assiettes de Vincennes-Sèvres
 
C’est l’histoire d’une collection d’assiettes de la manufacture de Vincennes-Sèvres faite pendant plus de 30 ans par un homme, amoureux certes de la porcelaine tendre française, mais aussi  collectionneur dans d’autres domaines et grand mécène également . Elle rassemble des assiettes de services royaux ou ayant appartenu à des personnalités ayant fait l’histoire ainsi que des assiettes échantillon que l’on soumettait au donneur d’ordre afin qu’il fît son choix ou y apportât telle ou telle modification avant de lancer la fabrication.
Faute d’avoir laissé des instructions écrites, alors que tel était son désir, cet ensemble n’a pu se retrouver dans l’un de nos grands musées – Louvre ou Sèvres -. La collection fut vendue aux enchères publiques  et se trouva ainsi dispersée entre collectionneurs, marchands et musées.




Samedi 19 - 15h30

Paul Micio, Docteur en histoire de l'art
L'Orfèvrerie religieuse de Louis XIV et les sculptures murales de la Chapelle de Versailles

Lors des grandes fontes de 1689-1690 Louis XIV ordonna aux églises de France de se dessaisir de toute argenterie religieuse qui était « au delà de ce qui est nécessaire pour la décence du service divin ». On a toujours supposé que le Roi lui-même avait envoyé son argenterie religieuse au creuset en même temps que le mobilier d’argent. Cependant, Paul Micio a pu établir, dans une étude exhaustive, que non seulement le Roi épargna son argenterie religieuse mais que celle-ci fut conservée intacte jusqu’à la Révolution. Cette argenterie sera examinée dans le contexte des magnifiques trophées sculptés en bas relief de la Chapelle royale de Versailles, terminée en  1710, qui gardent le témoignage des différents objets utilisés pour le culte divin à la fin du règne du Roi Soleil.



 
Dimanche 20 - 15h30

Daniel Alcouffe, Conservateur honoraire du patrimoine au Musée du Louvre
Un grand collectionneur : Le Grand Dauphin, fils de Louis XIV

Monseigneur (1661-1711), fils de Louis XIV, dit ultérieurement le Grand Dauphin, est un personnage méconnu dont Saint-Simon laissa un inoubliable portrait. Ecrasé par la personnalité de son père et par l’éducation rigide qu’il reçut, il surprit cependant la Cour lorsqu’il intervint énergiquement en faveur de l’avènement de son deuxième fils au trône d’Espagne. Il fut, c’est son côté le plus positif, un grand amateur, ornant sans cesse son appartement de Versailles et ses résidences de Choisy puis de Meudon. Il collectionna en particulier les porcelaines de Chine, les bronzes de la Renaissance et les vases en pierres dures. Deux musées s’enorgueillissent d’abriter une partie de ses collections : le Louvre, qui a recueilli une partie de sa collection de bronzes, le Prado où est exposée sa collection de vases en pierres dures connue sous le nom d’ « alhajas del Delfin ».  Ainsi peut-on encore à notre époque cerner le goût éclairé du Grand Dauphin.


 
Mesdames Leyla Lebeurrier-Abi, Jane Roberts, Hélène Bonafous-Murat et messieurs Frédéric Castaing, François Lorenceau et Jean-Gabriel Peyre sont tous membres de la Compagnie Nationale des Experts Spécialisés en Œuvres d’Art (CNE).